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Geneviève Amyot

Nous sommes beaucoup qui avons peur

4 juin 2014 - 5 août 2014


INTENTION

La peur, et surtout son affrontement, sont au cœur de l’œuvre de Geneviève Amyot, et qui plus est dans la suite intitulée « Nous sommes beaucoup qui avons peur » que Les Éditions du Noroît ont publiée posthume en 2003[1]. Dans ce texte, l’auteure ouvre les valves de la peur – de ses peurs personnelles et de nos peurs communes – pour nous convier à un rendez-vous avec nous-mêmes, sans possibilité de fuite, dans cet affrontement avec la peur refoulée qui nous contient.

La force de ces poèmes sur la peur tient à son intransigeance, seule valeur de tout discours sur le sujet. En effet, Amyot n’en reste pas aux peurs de surface –    « nous avons si peur du feu » ; elle les retourne, pour nous faire voir la peur cachée derrière la peur : « de l’absence / du feu ». C’est donc au confort des peurs superficielles que la poète s’attaque, et ce, de façon intemporelle, car elle sait toucher le grave au fond de notre peur pour en faire ressortir l’éternel pouvoir.

 

BIO

Geneviève Amyot est une auteure québécoise née en 1945 et décédée en 2000. Outre une carrière dans l’enseignement, elle a publié des romans et des récits chez VLB Éditeur : L’absent aigu (1976), Journal de l’année passée (1978) et Petites fins du monde (1988) ; et des recueils de poésie aux Éditions du Noroît : La mort était extravagante (1975), Dans la pitié des chairs (1982), Corps d’atelier (1990 : Premier Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire et finaliste au Prix du Gouverneur général), Je t’écrirai encore demain (1994).

Il est également possible d’approcher de façon intime sa conception du poème et de l’écriture, qui vont de pair chez elle avec le quotidien, grâce à sa correspondance tenue avec l’auteur Jean Désy entre 1990 et 2000, publiée sous le titre Que vous ai-je raconté ?

 



[1] AMYOT, Geneviève. La mort était extravagante suivi de Nous sommes beaucoup qui avons peur. Montréal, Les Éditions du Noroît, 2003, 104 pages.