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Satellite - Mexico

1er mars 2018 - 15 avril 2018

→  album SATELLITE_MTL~CDMX

Pendant 6 semaines, dans le cadre d'une résidence de recherche et création à La Quiñonera, les artistes Patrick Beaulieu, Sylvie Cotton, Nicole Fournier, Daniel Godínez Nivón et Lucía Hinojosa ont réalisé chacun une oeuvre originale pensée pour l'espace public de la capitale mexicaine ou ouverte à la participation de communautés spécifiques.

SATELLITE est une initiative de DARE-DARE qui vise à faire rayonner la mission du centre d'artistes au-delà du territoire montréalais. Pensées comme des laboratoires à l'étranger, ces aventures ponctuelles nous permettent de soutenir la création d'interventions artistiques inédites, de générer des rencontres interculturelles et créer de nouveaux réseaux ; afin de contribuer au développement de la pratique et à la réflexion sur celle-ci.

Comité de programmation: Christian Bujold, Jean-Maxime Dufresne, André-Éric Létourneau, Jean-François Prost, Martine Viale

Coordination générale : Martin Dufrasne et Néstor Quiñones

Assistance à la coordination : Michelle Saenz Bu et Santiago del Conde

La Quiñonera est un espace emblématique de la scène de l'art actuel des années quatre-vingts à Mexico. L'histoire de cet espace a été marquée dès ses débuts par son statut de pépinière pour les jeunes créateurs et de foyer de l’art vivant. Dès cette époque, La Quiñonera est un lieu-repère pour de nombreux artistes et penseurs qui sont aujourd’hui des figures renommées de l’art contemporain mexicain. La Quiñonera apparait à un moment clé (1986) où Mexico conservait encore un esprit fermé, traditionnel et régional et lors duquel sont nés, comme dans toute civilisation, des éléments de remise en question, de critique, de changement, d’évolution et de transformation dans les champs de la création, de la politique, de l’esthétique et du social. La Quiñonera figure comme un chaînon unique entre deux époques bien distinctes à Mexico : celle d’avant et celle d’après les accords de libre échange (ALENA). Des musiciens, cinéastes, dramaturges, acteurs, écrivains, artistes-plasticiens, galeristes, critiques, commissaires ont constitué l'esprit de ce qu’est La Quiñonera.

La Quiñonera est ainsi née de la nécessité –conjoncturelle et sociale– partagée par les jeunes créateurs mexicains. Elle a d’abord pris forme comme un projet alternatif pour la création artistique pour, par la suite, accueillir de nouvelles cohortes d’artistes émergents, de toutes disciplines. Le continuum d’expériences vécues dans ce lieu de création par ces diverses générations, en a fait la marque et constitue d'une manière éloquente son esprit.

En 2010, La Quiñonera se constitue légalement en tant qu’association civile. Dès lors, le centre relance une programmation de projets d’exposition avec, comme direction artistique, trois prémisses que le centre considère comme des fondements et des objectifs : reconnaître le changement; nettoyer et guérir le concept de pouvoir et de propriété comme unique modèle de civilisation et, accepter la mort. L’ensemble des projets mis sur pied à La Quiñonera réfléchissent et remettent en question le monde contemporain, en portant une attention à la crise actuelle du statut de l'être humain. Sa programmation est motivée par l’urgente nécessité de formuler de nouveaux paradigmes, qui prennent en considération l’histoire et les cultures, l'intime et le global, voire le matériel et l’immatériel.

DARE-DARE et La Quiñonera partagent de nombreuses aspirations quant au devenir de l’art, et son rapport à la société. Cet  intérêt commun pour la recherche et l’expérimentation, pour l’interdisciplinarité, pour la prise de risque et pour la valorisation de la diversité des pratiques et des modes de diffusion nous prédestinait de toute évidence pour cette rencontre et ce partenariat.

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Patrick Beaulieu  (Drummondville, 1974)

Patrick Beaulieu est artiste multidisciplinaire. Sensible aux rapports entre l’homme et les forces insaisissables qui l’entourent, il s’attarde à l’espace entre les choses et, au-delà des choses. Ses réalisations donnent lieu à un corpus d’œuvres d’arts visuels combinant sculptures, installations, vidéos, photographies et interventions in situ/in socius. Depuis une douzaine d’années, son travail s’est forgé autour d’expériences de parcours et de rencontres, lors d’une série de trajectoires performatives à travers l’Amérique du Nord. Faisant appel à la collaboration d’auteurs, philosophes et architectes paysagistes, il terminait en 2013 une trilogie d’odyssées transfrontières qui consistait à suivre, par voie de terre, la trajectoire aérienne de la migration annuelle des papillons monarques (Vector Monarca, 2007), à poursuivre durant 25 jours les vents d’Amérique dans une sorte de navigation continentale (Ventury, 2010) et à s’abandonner au destin et à la chance sur les chemins du hasard (Vegas, 2012). À l’été 2014, il se lançait dans une lente dérive continentale en kayak, sillonnant les méandres qui le menèrent de la source d’une rivière du sud du Québec, jusqu’à l’océan atlantique à l’embouchure du fleuve Hudson à New-York. Naviguant au rythme subtil des courants durant 25 jours, il capta en image ces points de confluences, où les paysages et les rencontres humaines génèrent de la poésie (Méandre, 2014).

Sylvie Cotton (St-Eustache, 1962)

Sylvie Cotton est une artiste interdisciplinaire vivant à Montréal. Sa recherche, amorcée en 1997, est liée aux pratiques de la performance, de l’art action, du dessin et de l’écriture; bien qu’elle fasse aussi régulièrement appel aux formes installatives pour la réalisation de projets d’exposition. Ses œuvres s’ouvrent sur la création de situations menant à l’instauration d’un rapport avec l’autre ou à une infiltration dans le monde de l’autre. L’artiste s’inspire des situations ordinaires, tragiques ou magiques que la vie offre pour les expirer dans le champ de l’art, tout simplement. Principalement, le travail s’inscrit in situ et in spiritu dans des lieux privés ou publics, et les résultats sont présentés dans des galeries et des festivals ou se déploient hors les murs dans d’autres types d’espaces publics (rue, ascenseur, parc ou restaurant, par exemple). Depuis 2002, l’artiste s’est commise dans de nombreuses actions où elle a cherché à « mélanger » le corps d'autres personnes au sien notamment en reproduisant sur sa peau les tatouages de tous les spectateurs d'un festival, en ingurgitant l'eau de lavage des mains du public, ou encore, en copiant sur papier les grains de beauté du visage de tous les gens croisés pendant un évènement et en les reportant sur le sien. Autant de situations qui provoquent une rencontre, une conversation, un dessin, une trace.

 

Nicole Fournier (Beaconsfield, 1966)

Nicole Fournier est une artiste interdisciplinaire d’origine québécoise et antillaise. Depuis 1996, elle développe une démarche d’agriculture urbaine axée sur l’éco-responsabilité à partir de laquelle s’articule l’ensemble de sa pratique artistique. Son art, qui jumelle des préoccupations activiste, citoyenne et écologique, prend forme à partir de gestes agricoles tels que planter, récolter, préparer ou composter. À travers une pratique de médiation et d’actions performatives, de dessins fait de medium organique, de projets participatifs inscrits dans la communauté et d’installations cuisine-salle-à-manger (avec plantes et légumes) qu’elle nomme « live dining », elle nous dévoile de nouveaux écosystèmes résultant d’une démarche de sensibilisation à la biodiversité, souvent ignorée. Fournier est titulaire d’un diplôme de deuxième cycle en environnement de l’Université McGill et d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia. En 2011, la commissaire et théoricienne de l’art contemporain new-yorkaise Linda Weintraub fait référence à sa démarche pionnière, dans son ouvrage To Life! Eco Art in Pursuit of a Sustainable Planet, publié aux éditions University of California Press.

 

Daniel Godínez Nivón  (Mexico, 1985)

Daniel Godínez Nivón est un artiste multimédia basé à Mexico. Originaire d'Oaxaca, Godínez Nivón a grandi dans l'état mexicain du Chiapas. Il a étudié les arts visuels à l'Académie nationale des arts plastiques (ENAP de l’UNAM). Godínez Nivón a présenté quelques expositions solo notamment au Centre culturel Tlatelolco et au Centre d’art actuel Ex Teresa de Mexico et, des expositions collectives au Musée d'art contemporain universitaire (MUAC). Godínez Nivón a gagné le prestigieux prix Jovenes Creadores du FONCA pour son projet Asamblea, une œuvre musicale polyphonique et participative qui implique des membres de l’Orchestre philharmonique de Oaxaca et un groupe de jeunes musiciens de la Bande philharmonique autochtone des jeunes de Mexico. Suite au concert, une discussion en assemblée a permis de générer une transcription en dessins de ce dialogue, lesquels seront interprétés comme partitions pour une improvisation sonore qui a été présentée durant une exposition d’art actuel.  Cette œuvre a été présentée en partie à la Galerie de la Raza, dans le volet sonore expérimental. Godínez Nivón étudie la relation entre l'art et la vie par le Tequio, une forme traditionnelle de prise de décisions collective. Plusieurs de ses projets artistiques portent une réflexion sur les notions de transmission, de pédagogie, de mémoire, de généalogie et de perpétuation de rites culturels.

 

Lucía Hinojosa (Mexico, 1987) 

Lucía Hinojosa est une artiste multidisciplinaire qui pratique l’écriture, la vidéo, l'installation et les médiums mixtes (collage, peinture, gravure). Lucía Hinojosa alimente sa pratique d’une perspective sociologique, elle utilise la vidéo, l'installation et le collage pour faire l'analyse des questions liées à l'identité, à la politique et à la perception. Ses films métissent diverses traditions, employant des aspects typiques du documentaire qu’elle mêle à des actions performatives et à des extraits d’archives choisis. Ses collages emploient eux-aussi des images trouvées, explorant leurs ramifications poétiques et politiques en invitant le spectateur à les contempler par son choix de matières. Elle est diplômée en études visuelles et critiques de l'École d'arts visuels de New York. Son travail a été exposé internationalement. Ses textes critiques ont été publiés dans des journaux comme le Brooklyn Rail et le magazine Gnome. En 2012, elle a cofondé le magazine diSONARE, une publication d'art bilingue portant sur la littérature de fiction, la poésie et les arts visuels. Elle vit et travaille à Mexico City et à New York.

DARE-DARE tient à remercier chaleureusement les institutions et les personnes qui ont contribué à la concrétisation de ce projet exceptionnel. Un merci tout spécial aux membres de jury qui ont accordé leur confiance à ce projet.

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