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VICTORIA STANTON

L'Édifiante secte de rien (n')est sacré

24 mai 2016 - 31 mars 2017

Crédits photos : DARE-DARE et Claude Dallaire

Vous êtes bienvenus à participer à mon nouveau projet, qui se tiendra sur une période d’un an : L’Édifiante secte de rien (n’)est sacré. Suite à la sélection de ce projet par le centre d'artistes DARE-DARE, dans le cadre de leur programmation ayant pour thème La Société des Rendez-vous, je me rends compte que ce sera une tâche particulièrement difficile : Ne rien faire (paradoxe anticipé).

Dans ma proposition initiale j'ai écrit:

Qu'est-ce qui se passerait si je proposais un projet dans lequel je ne fais... rien? Mais je ne ferai pas vraiment rien. Je vais probablement lire. Peut-être écrire. Certainement regarder loin vers le néant. Et marcher. Et si jouvrais le projet aux autres (vous) à vous joindre à moi dans cette activité de ne faire... rien? Inviter les participants à apporter un livre. Un bloc-notes. Un stylo. Ou rien. 

Habituellement, lorsque je veux mengager dans ce néant, je dois délibérément mettre de côté le temps pour le faire. Et puis, quand je le fais, je me sens coupable et inadéquate. Qu'ai-je fait aujourd'hui, cette semaine, ce mois-ci, pour mériter ça, cet acte de ne commettre... rien? Il est clair que je ne l'ai pas fait assez. 

Ce que je trouve le plus utile - et audacieux - serait de proposer un espace et un moment étendu dans le temps de ne faire... rien. Une occasion pour le repos. Bien que je ne pouvais utiliser ce temps d'arrêt (et je suis convaincue que si je me sens de cette façon, il est probable de nombreux autres aussi se sentent ainsi), je vois aussi l'affirmation d'une telle activité comme un acte intrinsèquement politique; il remet en question les notions de productivité, ce qui constitue «l'échec» (et le succès) et reconsidère laspect de "non-productivité" de lusage du temps. 

Il sagit de mon projet de rêve. Et, pour la prochaine année, à des intervalles réguliers ou dans différentes configurations, ce sera avec enthousiasme que je tiendrai cet espace de... rien. Ne rien faire en compagnie d'autres personnes qui souhaitent maccompagner dans ce projet calme, ouvert, sacré, et résolument non-productif.

...Et maintenant que je suis en train de commencer, je comprends - avec joie et une grande dose de trépidation – que je ne sais même pas ce que cela signifie! 

Ceci est un travail/projet en cours dans lequel j'ai le sentiment qu’il sera en continuelle transformation au cours de l'année à venir. J'ai eu ce que je pensais être des idées assez claires quand j'ai envoyé ma proposition initiale à DARE-DARE et au moment où j’ai vraiment commencée à contempler ce que cela voudrait dire, étrangement le projet à commencé à se dérober. Je dis cela parce que je ne sais vraiment pas exactement ce qui va suivre. Je dis cela aussi, parce que je ne veux pas que cela ressemble au genre de modèle de travail / la situation / attente / formule que j'ai déjà connu - ou ce que je pense qu’un projet «devrait» être. En tant que projet de rêve, il est donc un projet du cœur. Celui qui, je l'espère va m’inspirer (et me permettra) :

- D’avoir des objectifs pas nécessairement finaux et/ou concrets;

- De se connecter profondément à un ici et maintenant;

- De s’engager dans un état de réflexion ouvert;

- De recommencer et de continuer à repartir à nouveau.

 

Je tiens également à :

- Planifier et pas planifier des actions non-actives seul et avec les autres; (non-actions non-événements?)

- Mettre le lien occasionnel en ligne et partager mes réflexions et conclusions (lectures, événements, artistes / penseurs / décideurs / chercheurs dans d'autres domaines d'enquête sur des choses semblables);

- Inviter certains de ces gens (voir ci-dessus) à venir partager leurs idées dans une série de rencontres informelles entre aujourd’hui (mai 2016) et le printemps prochain;

- Et enfin... faire toutes ces choses sans trop en faire, est-il possible ?  Puis-je me rendre à un lieu pour faire et que cela devienne... sans effort. Une sorte de faire qui se déplace ensuite dans le dé-faire ou le non-faire... Ne rien faire.

Donc, à partir de mai 2016 jusqu’à mai 2017 (et peut-être jusqu’à la fin de ma vie, si je suis chanceuse), je ne vais pas seulement tenter de ne rien faire consciemment, mais tenter de saisir la complexité de cette question. Pour insérer ce rien dans mon quotidien. Pour voir / accepter / apprécier ce rien comme un « quelque chose » et me laisser prendre par toutes ces « quelque chose » comme étant rien.

Ne Rien Faire comme une proposition d’un potentiel en toute chose.

nothingissacred.ca

entrevue radio CBC

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Démarche

La pratique interdisciplinaire de Victoria Stanton, fondée dans les notions de la présence et de la conscience performative, rend compte de la complexité d’une démarche où la négociation avec l’autre est un enjeu à la fois fondamental et porteur d’un potentiel de transformation réciproque. À travers cette pratique multicouche, Stanton s’engage dans un processus artistique reliant l’intervention, les pratiques transactionnelles et relationnelles en lien avec diverses communautés spontanées et ce, dans de multiples contextes au Canada et à l’international.

Artiste-chercheure, elle s’intéresse également au phénomène de l’entre-espace, l’intervalle entre soi et l’architecture, l’objet, le lieu, l’autre, dans une optique élargie de la géographie humaine. Considérée comme une des pionnières des pratiques transactionnelles au Québec, ses oeuvres interdisciplinaires (interventions, actions et conférences performatives, publications, photos, films, vidéos) ont été déjà présentées au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Australie, au Japon et au Mexique.

Écrivaine, elle publie entre autres avec Vincent Tinguely Impure : Reinventing the Word (conundrum press, 2001) et travaille actuellement sur un nouveau livre avec le collectif TouVA (composé d'Anne Bérubé, Sylvie Tourangeau et Victoria Stanton) en développant des notions sur la façon dont la performance est pratiquée et sur ​​la question du « performatif ».

 http://bankofvictoria.com


Fichiers attachés

DAYBREAK | entrevue radio CBC
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