Programmation
Andi Vicente
Autels du devenir / Mga Altar ng Pagiging
Au fil d’un mois, un autel viendra transformer le parc Sainte-Cunégonde. Non pas un monument, ni un sanctuaire immobile, mais un portail vivant : une structure façonnée ensemble, qui ouvre un espace à la curiosité, à l’imagination et à la réinvention.
Au fil d’un mois, un autel viendra transformer le parc Sainte-Cunégonde. Non pas un monument ni un sanctuaire immobile, mais un portail vivant : une structure façonnée ensemble, qui ouvre un espace à la curiosité, à l’imagination et à la réinvention. Inspiré des pratiques philippines de l’autel, il deviendra un seuil entre la mémoire, le présent et les futurs possibles. Il fera place aux multiples visages de soi, façonnés par la communauté, les éléments fondateurs, les histoires restées dans l’ombre, la diaspora, les déplacements et les désirs.
Andi Vicente invite le public à réfléchir à l’héritage, à la migration, à la métamorphose et à la joie comme forme de résistance. Par le toucher, la voix, l’inscription, l’offrande ou le geste, chacun·e pourra y déposer une trace, élargissant ainsi notre perception des liens qui nous unissent et de ce que nous contribuons à une mémoire partagée.
Pendant quatre semaines, l’autel évoluera au fil de quatre thèmes inspirés de mots, de symboles et de notions issus de l’univers culturel philippin d’Andi Vicente. Chaque semaine ouvre une nouvelle piste pour réfléchir à ce que nous portons, à ce que nous transformons et à ce que nous pouvons imaginer ensemble.
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17–24 septembre — Lingling-o : créer au-delà des fondations
Le lingling-o, symbole austronésien philippin précolonial, est associé à la création, à la sécurité et à l’abondance. Il ouvre le projet par une invitation à laisser partir ce qui ne nous sert plus et à imaginer ce qui pourrait naître autrement.
À quoi êtes-vous prêt·e à renoncer? Que faut-il défaire pour qu’une chose nouvelle puisse advenir? Que pourrions-nous créer ensemble au-delà des structures qui nous ont été léguées?
24 septembre–1er octobre — Alaala : ce que nous portons
En philippin, alaala désigne un souvenir, un objet précieux auquel on est attaché, un témoignage de mémoire. Le mot peut aussi évoquer le doute, l’hésitation ou l’anxiété. Cette semaine s’intéresse aux histoires que nous portons et à celles qui cherchent à devenir autre chose.
Quelle histoire portez-vous en vous et qui ne vous définit plus? Quel objet de votre vie porte la trace d’une histoire difficile? Quelle histoire cherche à devenir autre chose?
1er–8 octobre — Sariling anino : rencontrer son ombre
Sariling anino, littéralement le travail de l’ombre, invite à demeurer suffisamment longtemps dans la tension, l’inconfort et le mouvement de va-et-vient de sa propre ombre pour découvrir ce qu’elle a à révéler. Il s’agit de regarder avec attention ce que nous préférerions parfois repousser.
Quelle part de vous-même avez-vous peur de regarder? Quelle blessure êtes-vous prêt·e à rencontrer avec tendresse? Qu’est-ce qui émerge lorsque vous cessez de repousser ce qui vous met mal à l’aise?
8–15 octobre — Walang-galang : sortir du cadre
Le terme philippin walang-galang désigne une personne irrespectueuse, impolie ou dépourvue de bonnes manières. Il peut aussi évoquer le choix de s’écarter de ce qui est attendu de nous, plutôt que de se conformer aux opinions ou aux récits des autres. La dernière semaine ouvre ainsi un espace pour le jeu, l’excès, l’absurde et les gestes qui déjouent les conventions.
Que feriez-vous si vous cessiez de vous demander si vous faites les choses comme il faut? Quelle idée semble déraisonnable, folle ou extravagante, mais vaudrait quand même la peine d’être tentée?
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Semaine après semaine, l’autel se transformera au gré des présences, des gestes et des traces qui viendront le rejoindre. Il deviendra peu à peu une archive collective et incarnée, où les mémoires et les héritages rencontreront les imaginaires de ce qui est encore en train de naître.
Andi Vicente
Andi Vicente (iel) est un·e artiste queer filipinx dont la curiosité et la pratique sont radicalisées par la création de relations et la réinvention. À travers la narration, l’installation, l’écriture et le collage, iel crée des œuvres qui abordent la précarité des moyens de subsistance, les aspirations diasporiques et la juxtaposition des mouvements. Andi aime se plonger dans une bonne anthologie, partager une marmite de soupe et découvrir des sentiers spontanés dans les parcs.